D'où viennent ces récits
Les deux histoires sont racontées par Hésiode, un poète grec qui vivait vers 700 avant notre ère, dans deux poèmes : la Théogonie, sur la naissance des dieux, et Les Travaux et les Jours, qui parle de la vie des paysans. Elles ont ensuite été reprises au théâtre, notamment dans la tragédie Prométhée enchaîné, attribuée à Eschyle, et peintes sur des vases à partir de 600 avant notre ère environ.
Les deux récits vont ensemble : le premier provoque le second.
Prométhée, l'ami des humains
Prométhée est un Titan, un être de la génération d'avant les dieux de l'Olympe. Son nom veut dire « celui qui réfléchit avant ». Il a un frère, Épiméthée, « celui qui réfléchit après », ce qui annonce déjà la suite.
Selon une version, les dieux créent les animaux et demandent aux deux frères de leur distribuer des qualités. Épiméthée donne la fourrure, les ailes, les griffes, et quand arrive le tour des humains, il ne reste plus rien. Les humains sont nus et sans défense.
La première ruse. Lors d'un grand repas, Prométhée prépare deux parts d'un bœuf : la viande cachée sous la peau, et les os recouverts d'une belle graisse blanche. Zeus choisit la graisse, et donc les os. Le récit explique ainsi pourquoi, dans les sacrifices, les Grecs brûlaient les os pour les dieux et mangeaient la viande. Furieux, Zeus prive les humains du feu.
Le vol du feu. Prométhée monte alors en secret sur l'Olympe et dérobe le feu, caché dans une tige creuse de fenouil. Il l'apporte aux humains et leur apprend à s'en servir, notamment pour travailler les métaux.
La punition. Zeus fait enchaîner Prométhée à un rocher, au bout du monde. Chaque jour, un aigle vient lui dévorer le foie, qui repousse chaque nuit. Bien plus tard, le héros Héraclès tue l'aigle d'une flèche et délivre le Titan.
Pandore et la jarre
Zeus veut aussi punir les humains. Il demande au dieu forgeron Héphaïstos de façonner, avec de la terre et de l'eau, la première femme : Pandore. Chaque dieu lui fait un cadeau : Athéna lui apprend les travaux d'adresse, Aphrodite lui donne la grâce, Hermès la ruse. Son nom signifie « tous les dons ».
Pandore est conduite chez Épiméthée. Prométhée avait prévenu son frère de ne jamais accepter un cadeau des dieux, mais Épiméthée oublie et l'épouse. Pandore apporte une grande jarre fermée. Un jour, par curiosité, elle soulève le couvercle : s'en échappent les maladies, la fatigue, la guerre, la nécessité de travailler dur pour se nourrir. Elle referme vite, mais il ne reste au fond que l'Espérance.
Dans le texte d'Hésiode, c'est bien une jarre. On parle pourtant aujourd'hui de « boîte de Pandore » pour désigner une décision qui déclenche une série de problèmes impossibles à arrêter.
Mythe et histoire
Ces récits n'expliquent pas comment les humains ont vraiment obtenu le feu. Les archéologues pensent que nos ancêtres le maîtrisent depuis des centaines de milliers d'années, bien avant les Grecs. Le mythe, lui, dit autre chose : le feu et la technique rendent les humains plus forts, mais ils ont un prix.
Il faut aussi lire ces récits avec le regard de l'histoire. Hésiode rend une femme responsable des malheurs du monde. Les historiens y voient le reflet d'une société grecque où les femmes avaient très peu de droits : le mythe exprime les idées de ceux qui le racontaient, il ne dit pas une vérité sur les femmes.
Ce qui est historique, c'est le culte : à Athènes, Prométhée était honoré, en particulier par les potiers, qui avaient besoin du feu de leurs fours, et une course aux flambeaux avait lieu chaque année en son honneur.
Ce qu'il en reste aujourd'hui
On dit d'un projet très ambitieux qu'il est « prométhéen ». La « boîte de Pandore » est devenue une expression courante. Le roman Frankenstein, de Mary Shelley, porte comme sous-titre Le Prométhée moderne. Et l'histoire du feu volé sert encore à poser une question très actuelle : jusqu'où les inventions humaines doivent-elles aller ?
Pour aller plus loin
- Les dieux de l'Olympe, Zeus et sa famille.
- Les héros de la Grèce antique, dont Héraclès, qui délivre Prométhée.
- Gilgamesh et les récits de Mésopotamie, un autre grand récit sur ce que l'humain peut obtenir ou non.
- Les mythologies : raconter le monde, sur les mythes du vol du feu dans le monde.
Le savais-tu ?
- Selon le récit, Prométhée a caché le feu volé dans une tige creuse de fenouil, avant de l'apporter aux humains.
- Dans le poème d'Hésiode, Pandore n'ouvre pas une boîte mais une grande jarre : seule l'Espérance reste coincée au fond.
- À Athènes, les potiers honoraient particulièrement Prométhée, et une course aux flambeaux avait lieu chaque année en son honneur.
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À lire ensuite
Les dieux de l'Olympe, la grande famille des dieux grecs
Zeus et sa foudre, Poséidon et son trident, Athéna casquée : les Grecs de l'Antiquité imaginaient leurs dieux comme une famille puissante, installée au sommet d'une montagne. Ces récits ne sont plus une religion pratiquée, mais on les raconte encore partout.
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