Une famille de traditions
L'hindouisme n'a ni fondateur, ni date de naissance, ni chef, ni credo unique. Le mot lui-même est tardif : il a été forgé de l'extérieur pour désigner globalement les traditions religieuses du sous-continent indien.
Ce qu'on range sous ce nom couvre des pratiques très différentes : des cultes de village, des philosophies abstraites, des dévotions passionnées à une divinité personnelle, des disciplines du corps et du souffle.
Une conséquence importante : presque toute phrase commençant par « les hindous croient que » souffre d'exceptions. Les spécialistes préfèrent décrire des courants.
Les textes
Les Védas sont les plus anciens : des hymnes composés en sanskrit, transmis oralement avec une précision remarquable pendant des siècles avant d'être écrits. Les techniques de mémorisation mises au point pour les conserver intacts ont été étudiées par les linguistes.
Les Upanishad sont des textes de réflexion : ils s'interrogent sur le rapport entre le soi individuel et le principe universel.
Les grandes épopées, le Mahabharata, qui contient la Bhagavad-Gita, et le Ramayana, sont les textes les plus populaires. Leurs récits sont connus de tous, joués au théâtre, dansés, filmés, transposés en séries télévisées.
Quelques notions centrales
Ces mots reviennent partout, avec des sens qui varient selon les écoles.
- Dharma : l'ordre du monde et le devoir qui incombe à chacun selon sa place, son âge et sa situation.
- Karma : le principe selon lequel les actes produisent des conséquences, au-delà de la vie présente.
- Samsara : le cycle des renaissances.
- Moksha : la libération de ce cycle, qui est le but ultime dans la plupart des courants.
- Atman et Brahman : le soi et le principe universel, dont plusieurs écoles discutent le rapport, identité, distinction, ou quelque chose entre les deux.
Un dieu ou plusieurs ?
La question est mal posée, et c'est instructif.
De nombreux hindous rendent un culte à des divinités multiples : Vishnou, Shiva, la Déesse sous plusieurs noms, Ganesh, Hanuman et des centaines d'autres, avec des divinités locales propres à un village ou à une famille.
Mais beaucoup de courants considèrent ces figures comme des aspects ou des manifestations d'une réalité unique. D'autres sont franchement monothéistes envers une divinité choisie. D'autres encore sont surtout philosophiques et parlent peu de dieux personnels.
Les catégories européennes de monothéisme et de polythéisme ne découpent donc pas correctement le réel ici. C'est un bon exemple d'une règle générale : les outils forgés pour décrire une tradition se déforment appliqués à une autre.
Ce que les fidèles font
- La puja : offrande domestique ou en temple, fleurs, eau, lumière, nourriture, encens, devant une image de la divinité.
- Les pèlerinages vers des lieux saints et des fleuves, notamment le Gange. Certains rassemblements comptent parmi les plus grands de la planète.
- Les fêtes : Diwali, la fête des lumières ; Holi, où l'on se jette des poudres colorées ; Navratri, Pongal, Durga Puja et beaucoup d'autres, très variables selon les régions.
- Le végétarisme, fréquent mais pas universel ; le respect particulier accordé à la vache.
- Le yoga, au sens ancien : un ensemble de disciplines du corps, du souffle et de l'esprit visant la maîtrise de soi, dont les formes physiques diffusées dans le monde entier ne sont qu'une partie.
Les castes : une question qu'on ne contourne pas
À la société hindoue traditionnelle est associé un système de groupes héréditaires, les castes, qui a organisé pendant des siècles les métiers, les mariages et les hiérarchies, avec au bas de l'échelle des populations traitées comme intouchables.
Ce système est aujourd'hui interdit par la Constitution indienne, qui prohibe la discrimination fondée sur la caste et a instauré des quotas pour les groupes historiquement exclus. Il continue néanmoins d'influencer la vie sociale, et c'est un des grands débats politiques de l'Inde contemporaine.
Beaucoup d'hindous soutiennent que les castes sont un fait social et non une obligation religieuse. D'autres traditions nées en Asie du Sud, comme le bouddhisme et le sikhisme, se sont explicitement construites contre cette hiérarchie.
Où on la trouve
L'hindouisme est très concentré géographiquement : l'Inde, le Népal, et des minorités importantes au Bangladesh, au Sri Lanka, en Indonésie, à Bali notamment, ainsi que dans les diasporas d'Afrique de l'Est, d'Afrique du Sud, de l'île Maurice, des Caraïbes, du Royaume-Uni et d'Amérique du Nord.
Le savais-tu ?
- L'hindouisme n'a ni fondateur ni autorité centrale : le mot lui-même a été forgé de l'extérieur pour désigner globalement les traditions du sous-continent indien.
- Les Védas ont été transmis oralement avec une telle précision que les techniques de mémorisation employées intéressent aujourd'hui les linguistes.
- Le système des castes est interdit par la Constitution indienne, qui a instauré des quotas pour les groupes historiquement exclus.
Teste ce que tu viens de lire
Chaque réponse est expliquée, juste ou fausse. C’est là qu’on apprend le plus.
À lire ensuite
Qu’est-ce qu’une religion
Des récits, des gestes, des interdits, un groupe : les religions du monde se ressemblent par leur forme, même quand elles disent des choses très différentes.
8-12 ans
Les religions du monde en chiffres
Combien de croyants, où, et de quelles traditions ? Les chiffres surprennent souvent, et ils corrigent beaucoup d'idées reçues sur la carte religieuse de la planète.
8-12 ans
Le judaïsme
L'une des plus anciennes traditions monothéistes encore vivantes, portée par un peuple peu nombreux, et à l'origine de textes que le christianisme et l'islam reprennent à leur façon.
13-18 ans
Le christianisme
La tradition religieuse la plus nombreuse au monde, née dans une province de l'Empire romain, et dont la majorité des fidèles vit aujourd'hui dans l'hémisphère sud.
13-18 ans
L’islam
Deuxième tradition religieuse du monde par le nombre, née en Arabie au VIIe siècle, et dont la majorité des fidèles vit en Asie, pas dans les pays arabes.
13-18 ans
Le bouddhisme
Une tradition née en Inde il y a environ deux mille cinq cents ans, centrée sur la souffrance et sa cessation, et qui dans plusieurs de ses formes ne parle pas de dieu créateur.
13-18 ans