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Les religions de l'Antiquité, et ce qu'il en reste

Les Égyptiens, les Mésopotamiens, les Grecs, les Romains, les Celtes ou les Vikings ne racontaient pas seulement des mythes : ils pratiquaient des religions, avec des temples, des prêtres, des fêtes et des sacrifices. La plupart ont disparu, remplacées par d'autres croyances, mais elles ont laissé des traces partout, et quelques religions très anciennes sont toujours vivantes.

13-18 ans

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Le temple de Karnak, à Louxor (Égypte), dédié au dieu Amon : pendant près de 2 000 ans, les pharaons l’ont agrandi.Diego Delso · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Des mythes, mais d'abord des religions

Quand on lit les récits de Zeus, d'Osiris ou d'Odin dans la rubrique « Mythologies du monde », on oublie parfois que, pour les gens de l'époque, ce n'étaient pas des histoires pour enfants. C'étaient des religions, pratiquées chaque jour. Le mot « mythologie » est un regard d'aujourd'hui, posé sur des croyances qui ne sont plus pratiquées comme autrefois. La fiche Les mythologies : raconter le monde explique cette différence.

On parle ici des religions de l'Antiquité, de la naissance de l'écriture, vers 3300 avant notre ère, jusqu'aux environs du Ve siècle de notre ère, et, plus largement, des religions anciennes qui ont disparu ensuite, comme celles des Vikings ou des Aztèques.

Ce qu'elles avaient souvent en commun

Ces religions étaient très différentes, mais beaucoup partageaient quelques traits :

  • elles honoraient plusieurs dieux, chacun avec son domaine : le ciel, la mer, les moissons, la guerre ;
  • elles reposaient surtout sur des gestes : offrandes, sacrifices d'animaux, prières, processions, plus que sur un livre unique ou une liste de croyances ;
  • elles étaient liées à la cité ou à l'État : honorer les dieux protégeait toute la communauté, et le roi ou les magistrats jouaient souvent un rôle religieux, comme le pharaon en Égypte ;
  • elles cherchaient à connaître la volonté des dieux par la divination : oracles, comme à Delphes, observation des oiseaux ou des entrailles des animaux ;
  • elles accueillaient facilement des dieux étrangers. Les Romains, par exemple, ont adopté la déesse égyptienne Isis ou le dieu Mithra, venu du monde iranien, honoré dans des temples souterrains.

Comment elles ont disparu

Elles n'ont pas disparu d'un coup, ni de la même manière.

Dans l'Empire romain, le christianisme, d'abord minoritaire et parfois persécuté, est reconnu en 313 par l'empereur Constantin, puis devient la religion officielle à la fin du IVe siècle. Les anciens cultes reculent et sont interdits ; des temples sont fermés ou détruits. En Égypte, le temple d'Isis à Philae reçoit des pèlerins jusqu'au VIe siècle, avant d'être fermé par l'empereur Justinien.

Dans le nord de l'Europe, les anciens dieux scandinaves reculent entre le IXe et le XIe siècle, au fur et à mesure que les rois se convertissent au christianisme ; les deux croyances cohabitent longtemps. En Iran, la conquête arabe du VIIe siècle apporte l'islam, et le zoroastrisme devient minoritaire. Dans les Amériques, la conquête espagnole du XVIe siècle impose le christianisme.

Ces changements se sont faits selon les lieux par conviction, par intérêt, par la pression des pouvoirs, et parfois par la force. Les historiens étudient chaque cas avec ses documents.

Ce qu'il en reste aujourd'hui

Des religions anciennes toujours vivantes. Toutes les religions anciennes n'ont pas disparu. L'hindouisme plonge ses racines dans les Védas, le judaïsme et le zoroastrisme remontent aussi à l'Antiquité. Elles ont évolué, mais elles sont pratiquées sans interruption.

Des monuments. Les pyramides, le Parthénon, les temples d'Angkor ou de Teotihuacan sont visités par des millions de personnes.

Des fêtes et des calendriers. Le Nowruz, le Nouvel An iranien, est une fête très ancienne toujours célébrée. À Rome, les Saturnales, du 17 au 23 décembre, étaient une fête joyeuse où l'on s'offrait des cadeaux ; des historiens pensent qu'elles ont pu influencer certaines coutumes de Noël, une idée que d'autres jugent exagérée.

Des mots et des images. Les jours de la semaine, les noms des planètes, de nombreuses expressions viennent des dieux anciens. Les artistes n'ont jamais cessé de les représenter.

Des renaissances. Aujourd'hui, de petits groupes ont fait renaître le culte de dieux anciens, par exemple celui des dieux nordiques au Danemark. Le Musée national du Danemark souligne qu'il s'agit d'une réinterprétation, pas d'une suite directe.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Les Romains accueillaient volontiers des dieux étrangers : ils ont adopté la déesse égyptienne Isis et le dieu Mithra, honoré dans des temples souterrains.
  • À Rome, les Saturnales se tenaient du 17 au 23 décembre : on s'offrait des cadeaux, et les esclaves recevaient pour quelques jours des libertés habituellement interdites.
  • Le temple d'Isis à Philae, en Égypte, a reçu des pèlerins jusqu'au VIe siècle de notre ère, bien après la fin de l'Égypte des pharaons.

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