Pourquoi des concours pour les élèves ?
Un concours scolaire n'est pas un examen. On ne le passe pas pour avoir son année, mais pour se lancer un défi : résoudre des problèmes plus difficiles que ceux de la classe, répondre vite, présenter une invention. Beaucoup de grands chercheurs racontent qu'un concours, à l'école, leur a fait découvrir qu'ils aimaient chercher.
La biochimiste Katalin Karikó, par exemple, prix Nobel de médecine 2023, avait gagné enfant un concours local de biologie en Hongrie (voir le prix Nobel).
Les olympiades internationales de mathématiques
Les Olympiades internationales de mathématiques sont le championnat du monde de mathématiques des lycéens. La première a eu lieu en 1959, en Roumanie, avec 7 pays ; aujourd'hui, plus de cent pays y envoient une équipe.
- Chaque pays envoie six élèves au plus, qui doivent avoir moins de 20 ans et ne pas être encore à l'université.
- L'épreuve dure deux jours. Chaque jour, trois problèmes, en quatre heures et demie. Pas de calculatrice. Il faut écrire une démonstration complète, c'est-à-dire expliquer pourquoi la réponse est forcément juste.
- Chaque problème vaut 7 points. Chaque année, très peu d'élèves, parfois un seul ou aucun, obtiennent le maximum de 42 points.
- Environ la moitié des participants repartent avec une médaille : or, argent ou bronze.
Des pays de tous les continents y participent, dont en Afrique le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Ghana, le Kenya, le Maroc, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal ou la Tunisie. Il existe aussi des olympiades internationales de physique, de chimie, de biologie ou d'informatique.
Deux histoires d'olympiades
Maryam Mirzakhani, en Iran. Au collège, avec son amie Roya Beheshti, elle tombe sur six problèmes d'olympiade et parvient à en résoudre trois. Mais dans son pays, seules les écoles de garçons préparent aux olympiades, et aucune fille n'a jamais fait partie de l'équipe nationale. Les deux amies vont voir la directrice de leur lycée et lui demandent des cours de préparation. Elle accepte. En 1994, toutes deux entrent dans l'équipe d'Iran : Maryam obtient la médaille d'or avec 41 points sur 42, Roya la médaille d'argent. En 1995, Maryam fait 42 sur 42. Vingt ans plus tard, en 2014, elle deviendra la première femme à recevoir la médaille Fields, la plus haute récompense des mathématiques (voir les prix d'excellence).
Terence Tao, en Australie, participe pour la première fois à 10 ans. Il obtient le bronze en 1986, l'argent en 1987, puis l'or en 1988, devenant le plus jeune médaillé d'or de l'histoire du concours. Brillant en mathématiques, il était pourtant bloqué quand on lui demandait d'écrire une rédaction sur « la maison ». Personne n'est fort en tout.
Le Kangourou : un concours pour tout le monde
Le Kangourou des mathématiques est l'inverse d'un concours réservé aux champions. Ce sont des questions à choix multiples, pleines de petites histoires et de surprises, proposées à tous les niveaux, dès 8 ans.
L'idée vient d'Australie, où un concours de ce genre existe depuis 1978. Deux professeurs français, André Deledicq et Jean-Pierre Boudine, le découvrent et lancent le Kangourou en France le 15 mai 1991, avec 120 000 participants. En 1996, plus d'un million d'élèves de 17 pays y participent. Aujourd'hui, il est organisé dans des dizaines de pays de tous les continents, dont en Afrique l'Algérie, l'Afrique du Sud, le Cameroun, l'Égypte, le Kenya, le Maroc, le Nigeria, le Rwanda ou la Tunisie. Son idée : chaque participant reçoit un petit cadeau, parce que participer compte déjà.
Génies en herbe : la culture générale en équipe
Génies en herbe est un jeu de questions de culture générale où des équipes d'élèves s'affrontent : histoire, géographie, sciences, musique, sport, cinéma. Née au Canada sur une chaîne régionale d'Ottawa, l'émission est diffusée dans tout le pays par Radio-Canada, la télévision publique de langue française, à partir du 7 juin 1973.
Le jeu devient vite un phénomène. Des milliers d'écoles créent leurs équipes et leurs tournois, et s'entraînent : il faut de la mémoire, de la rapidité, savoir anticiper la question et gérer son stress. En 1987, lors d'un sommet des pays de langue française à Québec, une émission spéciale réunit des élèves de Tunisie, de Côte d'Ivoire, de Belgique, de France, du Sénégal, de Suisse et du Canada. Le Zaïre, l'actuelle RDC, était invité, mais son représentant n'avait pas pu faire le voyage. Le nom « Génies en herbe » est resté, dans de nombreux pays, pour désigner des tournois de culture générale entre écoles.
Les concours d'invention et de science
Dans un concours d'invention, on ne répond pas à des questions : on pose sa propre question et on mène une vraie recherche pendant des mois, en suivant la méthode scientifique : une hypothèse, des expériences, un cahier où l'on note tout, y compris ce qui rate.
- La plus grande foire scientifique du monde pour les lycéens, l'ISEF, réunit chaque année aux États-Unis plus de 1 600 élèves venus de plus de 60 pays, sélectionnés dans des concours locaux. Des chercheurs examinent leurs projets.
- Les WorldSkills, nés à Madrid en 1950, sont des compétitions mondiales de métiers pour les jeunes : cuisine, électricité, soudure, coiffure, programmation. L'excellence n'est pas réservée aux études longues : elle se trouve aussi dans le geste d'un artisan.
- Le prix Anzisha, créé en 2011 par l'African Leadership Academy, une école panafricaine d'Afrique du Sud, et la Fondation Mastercard, récompense les plus jeunes entrepreneurs d'Afrique. La première année, 7 finalistes ont été choisis parmi 180 candidats de 22 pays.
On peut aussi inventer sans concours. Au Malawi, à 14 ans, alors qu'il avait dû quitter l'école, William Kamkwamba a construit une éolienne avec des pièces de récupération, à partir de plans trouvés dans un livre de bibliothèque. Elle éclairait la maison de sa famille. Son histoire, racontée ensuite dans le monde entier, lui a permis de reprendre ses études, justement à l'African Leadership Academy.
Comment s'y préparer
- Demander. Si ton école ne prépare à aucun concours, fais comme Maryam Mirzakhani : va voir un professeur ou le directeur. Beaucoup de concours ont commencé ainsi.
- S'entraîner sur les anciens sujets. Ceux des olympiades et de nombreux concours sont publiés gratuitement.
- Chercher à plusieurs. Un club de mathématiques, de sciences ou de lecture, c'est déjà une équipe.
- Accepter de ne pas trouver. Terence Tao a eu le bronze avant l'or. Chercher longtemps un problème sans le résoudre, c'est déjà s'entraîner.
Ce qu'il faut savoir aussi
- Tout le monde ne part pas avec les mêmes chances. Les élèves qui ont des professeurs pour les entraîner, des livres, Internet ou de l'argent pour voyager sont avantagés. C'est pour cela que certains concours, comme le Kangourou, cherchent à toucher toutes les écoles.
- Les filles restent moins nombreuses dans beaucoup de concours scientifiques ; les olympiades de mathématiques remettent désormais chaque année un prix Mirzakhani à la meilleure candidate de chaque grande région du monde.
- Un concours n'est pas un destin. Le Coréen June Huh a quitté le lycée à 16 ans pour devenir poète, et n'a découvert les mathématiques qu'à l'université, à plus de 20 ans. En 2022, il a reçu la médaille Fields. Il n'y a pas un seul chemin vers l'excellence.
Pour d'autres jeunes qui ont inventé, voir Vérone Mankou.
Le savais-tu ?
- Aux Olympiades internationales de mathématiques, environ la moitié des participants repartent avec une médaille, en or, en argent ou en bronze.
- En 1987, un Génies en herbe international a réuni à Québec des élèves de sept pays francophones ; le représentant du Zaïre, l'actuelle RDC, invité, n'avait pas pu faire le voyage.
- À 18 ans, en 1995, l'Iranienne Maryam Mirzakhani a obtenu la note parfaite de 42 sur 42 aux Olympiades internationales de mathématiques ; elle avait dû demander à son lycée de créer des cours de préparation pour les filles.
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