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L’Empire byzantin : mille ans de Rome en Orient

Quand l'Empire romain d'Occident disparaît en 476, sa moitié orientale continue, autour de Constantinople, l'actuelle Istanbul. Ses habitants se disaient romains, parlaient grec, et ont tenu jusqu'en 1453. Ils ont transmis le droit romain, les textes grecs et la foi orthodoxe.

13-18 ans

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Où et quand

En 330, l'empereur romain Constantin inaugure une nouvelle capitale sur le site d'une ancienne ville grecque, Byzance, au bord du détroit du Bosphore, entre l'Europe et l'Asie. Elle prend le nom de Constantinople. C'est aujourd'hui Istanbul, en Turquie.

Les historiens appellent Empire byzantin la partie orientale de l'Empire romain, qui survit à la chute de l'Occident en 476. Ses habitants, eux, ne disaient jamais « byzantins » : ils se disaient Romains. Mais ils parlaient grec et étaient chrétiens. L'empire dure jusqu'en 1453, plus de mille ans.

Une capitale imprenable

Constantinople est bâtie sur une presqu'île, entourée d'eau de trois côtés. Du côté de la terre, l'empereur Théodose II fait construire au Ve siècle une triple ligne de murailles. Pendant des siècles, elles repoussent tous les assiégeants.

La ville est l'une des plus grandes et des plus riches du monde. Elle contrôle le passage entre la mer Noire et la Méditerranée, et les marchandises de l'Asie et de l'Europe y transitent.

Contre les flottes arabes qui l'assiègent à la fin du VIIe siècle, les Byzantins utilisent une arme secrète : le feu grégeois, un liquide qui brûle même sur l'eau. Sa recette s'est perdue.

Justinien et Théodora

L'empereur le plus célèbre est Justinien, qui règne de 527 à 565 avec son épouse Théodora, ancienne actrice devenue impératrice et conseillère très écoutée.

  • Il fait rassembler et mettre en ordre toutes les lois romaines dans un grand recueil, le Code Justinien.
  • Il reconquiert l'Afrique du Nord, l'Italie et une partie de l'Espagne.
  • Il fait reconstruire la grande église Sainte-Sophie, terminée en 537. Sa coupole géante semble flotter au-dessus de la nef. Elle restera pendant près de mille ans la plus grande église du monde chrétien.
L’empereur Justinien sur une mosaïque de l’église Saint-Vital de Ravenne (Italie), vers 547.Petar Milošević · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Une civilisation à part

Les Byzantins couvrent leurs églises de mosaïques dorées et peignent des icônes, des images saintes sur bois. Au VIIIe siècle, l'empire se déchire même sur la question de savoir s'il faut ou non adorer ces images.

Au IXe siècle, deux frères missionnaires partis de Thessalonique, Cyrille et Méthode, vont prêcher chez les peuples slaves et créent une écriture pour leur langue. Leurs disciples la font évoluer en un alphabet qui porte le nom de Cyrille : le cyrillique, utilisé aujourd'hui en Russie, en Ukraine, en Serbie ou en Bulgarie.

En 1054, les chrétiens de Rome et ceux de Constantinople se séparent : c'est le schisme entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe.

La chute de Constantinople

L'empire rétrécit peu à peu, attaqué par les Arabes, les Bulgares, les Turcs seldjoukides. En 1204, ce sont même des chrétiens d'Occident, les chevaliers de la quatrième croisade, qui pillent Constantinople.

Le coup final vient des Ottomans, un peuple turc installé en Anatolie. Le 29 mai 1453, après un siège de près de deux mois, le sultan Mehmed II prend la ville grâce à d'énormes canons. Constantinople devient la capitale de l'Empire ottoman, et Sainte-Sophie une mosquée.

Ce qu'il en reste aujourd'hui

  • Le droit romain, transmis par le Code Justinien, qui a inspiré une grande partie des lois d'Europe et, plus tard, d'Afrique francophone.
  • Les textes grecs anciens : les copistes byzantins ont recopié Homère, Platon, Aristote. Des savants qui fuient vers l'Italie au XVe siècle les apportent avec eux, et nourrissent la Renaissance.
  • L'Église orthodoxe, majoritaire en Grèce, en Russie, en Roumanie, en Serbie.
  • L'alphabet cyrillique.
  • Sainte-Sophie, toujours debout à Istanbul, dans un ensemble inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Zones d'ombre

L'empereur avait un pouvoir presque absolu, et les luttes pour le trône étaient sanglantes : des rivaux étaient souvent aveuglés ou mutilés pour les écarter du pouvoir. En 532, une révolte à Constantinople, la sédition Nika, est écrasée dans le sang : un historien de l'époque parle de 30 000 morts.

L'esclavage existait, comme dans tout le monde méditerranéen. Les chrétiens jugés hérétiques et les juifs subissaient des lois discriminatoires. Et l'empire, s'il se défendait, savait aussi mener des guerres de conquête très dures.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Les « Byzantins » ne se sont jamais appelés ainsi : ils se disaient Romains. Le mot « byzantin » a été inventé par des historiens bien plus tard.
  • Le feu grégeois brûlait même sur l'eau. Sa recette était un secret d'État, et elle s'est perdue.
  • L'alphabet cyrillique, utilisé en Russie et en Bulgarie, porte le nom du missionnaire byzantin Cyrille.

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