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Le reggae et le hip-hop : des musiques nées dans les quartiers pauvres

Le reggae naît dans les quartiers pauvres de Kingston, en Jamaïque, dans les années 1960 ; le hip-hop dans ceux du Bronx, à New York, au début des années 1970. Deux musiques nées loin des grandes salles de concert, qui ont donné la parole à ceux qu'on n'écoutait pas, et qui se sont répandues dans le monde entier.

13-18 ans

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Bob Marley en concert à Zurich (Suisse) en 1980 : il a fait connaître le reggae jamaïcain dans le monde entier.Patrick Lüthy · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Deux musiques cousines

Le reggae et le hip-hop ont un lien direct : c'est un DJ né en Jamaïque, arrivé à New York, qui a lancé le hip-hop. Les deux musiques partagent aussi une origine sociale : elles sont nées dans des quartiers marginalisés, chez des jeunes qui n'avaient ni argent ni accès aux grandes scènes, mais beaucoup à dire.

Le reggae, voix de la Jamaïque

Les racines. Le reggae apparaît dans l'île de la Jamaïque, dans la mer des Caraïbes, surtout dans les quartiers pauvres de l'ouest de Kingston, la capitale. Il mélange d'anciennes musiques jamaïcaines, des rythmes des Caraïbes, d'Amérique du Nord et d'Amérique latine, des styles inspirés de l'Afrique, la soul et le rhythm and blues américains. Pas à pas, le ska, rapide et sautillant, devient le rocksteady, plus lent, puis le reggae.

Le son. Un rythme lent et chaloupé, une basse ronde et très présente, et une guitare qui frappe à contretemps, sur le temps « faible ». Le reggae se reconnaît dès les premières mesures.

Le message. Le reggae a d'abord été la voix des communautés marginalisées. Ses chansons parlent d'injustice, de résistance, d'amour, de spiritualité. L'UNESCO souligne qu'il sert à la fois de commentaire social, de moyen de se libérer de ses peines et de façon d'honorer Dieu. Il est lié au mouvement rastafari, dont les couleurs rouge, jaune et vert évoquent l'Éthiopie et l'Afrique.

Bob Marley. Avec son groupe, les Wailers, puis seul, Bob Marley fait du reggae une musique mondiale. Ses chansons, à la fois très politiques et très spirituelles, portent des messages de résistance, d'unité et d'amour. Il a influencé le rock, le punk, le hip-hop et la pop.

Patrimoine de l'humanité. En 2018, l'UNESCO a inscrit la musique reggae de Jamaïque sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, trois ans avant la rumba congolaise.

Le hip-hop, une culture née au Bronx

Une fête en 1973. Le Bronx, au nord de New York, est dans les années 1970 un quartier abandonné, pauvre et violent. En 1973, lors d'une fête, un DJ né en Jamaïque, DJ Kool Herc, a une idée. Il utilise deux platines et une table de mixage pour isoler et répéter le passage le plus dansant d'un disque, le break. Sur cette boucle sans fin, il parle au micro, comme les « toasters » des sound systems jamaïcains. Les danseurs se déchaînent. Le Rock & Roll Hall of Fame le considère comme l'un des pères fondateurs du hip-hop.

Plus qu'une musique. Le hip-hop est une culture qui réunit plusieurs pratiques :

  • le DJing, l'art de mixer et de faire tourner les disques ;
  • le rap, des paroles rythmées, scandées sur la musique, par un MC (maître de cérémonie) ;
  • le breaking, une danse acrobatique faite de figures au sol ;
  • le graffiti, la peinture sur les murs.

De la fête au message. Au début, le hip-hop est une musique de fête. En 1982, Grandmaster Flash and the Furious Five sortent The Message, qui décrit sans détour la misère et la violence du quartier : le rap devient une arme pour dénoncer l'injustice. Dans les années 1980, Run-DMC est le premier groupe de rap à vendre des millions de disques et à passer sur la chaîne musicale MTV. Des groupes comme Public Enemy font du rap une musique très politique.

Un DJ « scratche » un disque : ce geste, inventé dans le Bronx à New York dans les années 1970, fait de la platine un instrument.黃 zero · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons

Une musique mondiale

Aujourd'hui, le hip-hop est l'une des musiques les plus écoutées de la planète. On rappe dans presque toutes les langues, de Dakar à Séoul, de Paris à Kinshasa, de Rio à Johannesburg. Chaque pays y mêle ses propres rythmes et ses propres histoires.

En 2024, aux Jeux olympiques de Paris, le breaking est entré pour la première fois au programme olympique. Seize b-boys et seize b-girls venus de nombreux pays se sont affrontés en duels, les battles, sur la place de la Concorde.

Zones d'ombre et débats

Comme toutes les musiques populaires, le reggae et le hip-hop ont leurs critiques. Certaines chansons de rap ont été accusées de glorifier la violence, l'argent facile ou le mépris des femmes. D'autres artistes, au contraire, s'en servent pour éduquer, dénoncer le racisme ou raconter la vie de leur quartier. Un même genre musical peut porter des messages très différents : c'est à l'auditeur d'exercer son esprit critique.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Le hip-hop a été lancé en 1973, au Bronx, par DJ Kool Herc, un DJ né en Jamaïque, le pays du reggae.
  • L'UNESCO a inscrit le reggae de Jamaïque au patrimoine culturel immatériel de l'humanité en 2018, trois ans avant la rumba congolaise.
  • Aux Jeux olympiques de Paris, en 2024, le breaking, la danse du hip-hop, a fait son entrée au programme olympique.

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