Un don venu d'Inde
L'UNESCO est l'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, installée à Paris. En 1951, un Indien, Bijoyanand Patnaik, fondateur de la fondation Kalinga, lui fait un don pour créer un prix. C'est aujourd'hui le plus ancien prix de l'UNESCO. Il est financé par la fondation Kalinga, par le gouvernement de l'État indien d'Odisha (autrefois appelé Orissa) et par le gouvernement de l'Inde. Il est décerné tous les deux ans.
Ce qu'il récompense
Le prix Kalinga récompense la vulgarisation scientifique. Vulgariser, c'est expliquer la science à ceux qui ne sont pas spécialistes, sans la trahir : raconter comment on a découvert quelque chose, ce qu'on sait, ce qu'on ignore encore, et pourquoi cela compte dans la vie de tous les jours.
Le prix peut aller à une personne, à une institution comme un musée, ou à une association. Tous les moyens comptent : livres, journaux, radio, télévision, internet, expositions. Trois règles surprennent souvent :
- il n'est pas nécessaire d'avoir un diplôme scientifique ;
- le prix ne récompense pas la recherche elle-même ;
- il ne récompense pas non plus l'enseignement donné à l'école ou à l'université : il vise ce qui touche le grand public, en dehors de la classe.
Le lauréat reçoit 40 000 dollars, un diplôme et une médaille d'argent qui porte le nom du physicien Albert Einstein.
Comment on est choisi
On ne peut pas se présenter seul. Une candidature doit être présentée par le gouvernement d'un pays membre de l'UNESCO, avec l'avis de sa commission nationale pour l'UNESCO, ou par une association partenaire officielle de l'UNESCO et active dans la communication scientifique. Une personne qui veut être candidate doit donc convaincre l'une de ces institutions de la soutenir. Le dossier, rédigé en anglais ou en français, décrit le parcours du candidat et montre comment son travail a aidé le public à comprendre la science.
Un jury international de cinq membres examine les dossiers et fait une recommandation ; c'est la directrice ou le directeur général de l'UNESCO qui désigne le lauréat.
Des lauréats de tous les continents
Le premier lauréat, en 1952, est le physicien français Louis de Broglie, déjà prix Nobel. Depuis, la liste mêle chercheurs, journalistes, écrivains et gens de télévision :
- George Gamow (États-Unis, 1956), auteur de livres qui rendaient amusantes des idées très compliquées de la physique ;
- Arthur C. Clarke (Royaume-Uni, 1961), récompensé pour ses écrits de science et aussi pour ses romans de science-fiction ;
- Margaret Mead (États-Unis, 1970), anthropologue, c'est-à-dire spécialiste des sociétés humaines ;
- David Attenborough (Royaume-Uni, 1981), pour ses documentaires sur la nature ;
- Saad Ahmed Shabaan (Égypte, 1989), pour son travail dans la presse, la radio et la télévision ;
- Peter Akinsola Okebukola (Nigeria, 1992), pour ses méthodes d'enseignement des sciences ;
- Julieta Fierro (Mexique, 1995), qui fait découvrir l'astronomie au grand public ;
- Trinh Xuan Thuan (Viêt Nam, 2009), astrophysicien et auteur de livres, et Yash Pal (Inde, 2009) ;
- Diego Golombek (Argentine, 2015), qui a contribué à créer le premier centre culturel scientifique de son pays ;
- Karl Kruszelnicki (Australie, 2019), le « Dr Karl », qui explique la science depuis plus de trente ans à la radio, à la télévision et en podcasts ;
- Ana María Cetto (Mexique, 2023), la lauréate la plus récente.
Comment : Marian Ewurama Addy, la scientifique du quiz
Marian Ewurama Addy est une scientifique du Ghana, en Afrique de l'Ouest, morte en 2014 à 72 ans. Elle étudie la botanique, la science des plantes, à l'université du Ghana, puis part aux États-Unis faire un master et un doctorat de biochimie, la chimie du vivant, à l'université d'État de Pennsylvanie.
De retour au Ghana, elle devient la première femme professeure de sciences de l'université du Ghana. Mais c'est la télévision qui la rend célèbre : pendant des années, elle anime le jeu télévisé national et hebdomadaire de sciences et de mathématiques. Elle y rend la science vivante pour des spectateurs de tous âges, et l'on pense que son rôle a donné à beaucoup de lycéennes l'envie d'étudier les sciences.
En 1999, l'UNESCO lui décerne le prix Kalinga, pour cette émission et pour tout ce qu'elle a fait afin d'encourager les jeunes à choisir la science. Son parcours montre le chemin de beaucoup de lauréats : d'abord comprendre à fond, puis oser expliquer, en acceptant de sortir du laboratoire pour aller vers le public.
Ce que la légende oublie
- Très peu de femmes. Sur la liste officielle de l'UNESCO, les dix-huit premiers lauréats sont des hommes ; la première femme, Margaret Mead, est récompensée en 1970. Au total, on compte six femmes sur plus de soixante-dix lauréats.
- Peu d'Africains. Trois lauréats seulement viennent d'Afrique : l'Égyptien Saad Ahmed Shabaan en 1989, le Nigérian Peter Okebukola en 1992 et la Ghanéenne Marian Ewurama Addy en 1999.
- Il faut être soutenu par une institution. Parce que les candidatures passent par les gouvernements ou par des associations partenaires, un excellent vulgarisateur dont le pays ne présente personne n'a aucune chance d'être choisi.
Et toi, un jour ?
Tu vulgarises déjà quand tu expliques à ton petit frère pourquoi le ciel est bleu, ou à un camarade comment résoudre un exercice. Pour bien le faire, il faut d'abord comprendre vraiment, vérifier ses sources, puis chercher l'image, l'histoire ou l'expérience qui fera « tilt ». Un club de sciences, un journal d'école, une exposition, une vidéo, un quiz entre classes : ce sont de bons terrains d'entraînement. Et comprendre comment la science établit ce qu'elle sait aide beaucoup : voir La méthode scientifique.
Le savais-tu ?
- Le prix Kalinga, créé en 1951, est le plus ancien de tous les prix de l'UNESCO.
- L'écrivain britannique Arthur C. Clarke a reçu le prix Kalinga en 1961, en partie pour ses romans de science-fiction.
- Pour recevoir le prix Kalinga, il n'est pas nécessaire d'avoir un diplôme scientifique : ce qui compte, c'est d'avoir aidé le public à comprendre la science.
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