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Le jazz : une musique née à La Nouvelle-Orléans

À la fin du XIXe siècle, dans la ville américaine de La Nouvelle-Orléans, des musiciens afro-américains mêlent le blues, les chants religieux, les fanfares et des rythmes venus d'Afrique. Ils inventent une musique où l'on improvise : le jazz. En quelques décennies, de Louis Armstrong à Nina Simone, il conquiert le monde entier.

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Louis Armstrong photographié en 1953 : né à La Nouvelle-Orléans en 1901, trompettiste et chanteur, il a fait du jazz une musique de solistes.World-Telegram staff photographer · Domaine public · Wikimedia Commons

Un carrefour de musiques

La Nouvelle-Orléans, dans le sud des États-Unis, est au XIXe siècle une ville où se croisent des peuples venus de partout : Africains déportés et leurs descendants, Français, Espagnols, Caribéens, puis Allemands, Irlandais et Italiens. Toutes ces cultures y apportent leurs musiques.

Les Afro-Américains, d'abord réduits en esclavage puis libres, y apportent le blues, les spirituals (des chants religieux) et des danses venues des campagnes. Au XIXe siècle, des esclaves se rassemblaient le dimanche sur une place de marché, à l'extérieur des remparts de la ville. Cet endroit est devenu célèbre sous le nom de Congo Square, la « place Congo », pour ses danses africaines et la conservation d'éléments musicaux venus d'Afrique.

Des fanfares à l'improvisation

À la fin du XIXe siècle, les fanfares (les brass bands) sont à la mode dans tout le pays. Elles jouent dans les défilés, les fêtes, les pique-niques, les mariages et même les enterrements. On aime aussi le ragtime, une musique de piano au rythme décalé, qu'on dit syncopé.

Entre 1895 et 1900, un joueur de cornet, Charles « Buddy » Bolden, commence à glisser du blues improvisé dans les airs de danse et à accélérer le tempo. Beaucoup de musiciens de l'époque le considèrent comme le premier à avoir un style vraiment nouveau.

Dans les orchestres de La Nouvelle-Orléans, trois instruments mènent la danse : le cornet (ou la trompette), la clarinette et le trombone. Ils improvisent ensemble, chacun sa ligne, et leurs mélodies s'entremêlent.

Une fanfare (« brass band ») défile à La Nouvelle-Orléans pendant le carnaval de 2005 : le jazz est né en partie de ces orchestres de rue.Infrogmation of New Orleans · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Ce qui fait le jazz

  • L'improvisation : le musicien invente une partie de sa musique au moment où il joue. Deux concerts ne sont jamais identiques.
  • Le swing : un balancement rythmique, une façon de placer les notes un peu en décalé, qui donne envie de bouger.
  • Le dialogue : les instruments se répondent, comme dans une conversation.
  • Le blues : ses notes un peu « tordues » et sa mélancolie sont au cœur du jazz.

La conquête du monde

Le jazz voyage avec les musiciens sur les bateaux du Mississippi et dans les tournées. En 1917, l'Original Dixieland Jazz Band enregistre à New York le premier disque commercial de jazz. C'est un succès inattendu, et le jazz devient une mode dans tout le pays. Ironie de l'histoire : ce premier disque est l'œuvre d'un orchestre de musiciens blancs, alors que la musique est née chez les Afro-Américains.

En 1922, le trompettiste Louis Armstrong rejoint son mentor King Oliver à Chicago. Son jeu brillant change le jazz : au lieu de tous improviser ensemble, les musiciens laissent place au soliste, qui fait briller son instrument. Ses enregistrements des années 1925 à 1928 le rendent célèbre dans le monde entier.

Dans les années 1930 et 1940, c'est l'ère du swing, des grands orchestres qui font danser l'Amérique. Puis viennent le bebop dans les années 1940, plus rapide et plus complexe, et bien d'autres styles. Dès 1919, des musiciens de jazz jouent en Angleterre et en France.

Une musique de liberté

Le jazz est né dans une société qui pratiquait la ségrégation : des lois séparaient les Noirs et les Blancs. Il a pourtant rapproché des musiciens et des publics de toutes origines. L'UNESCO rappelle qu'il a donné de la force à la lutte contre la discrimination et le racisme. Depuis 2011, elle célèbre chaque 30 avril la Journée internationale du jazz, pour la paix et le dialogue entre les peuples.

Et le jazz a fait le tour du monde. En Afrique, il a nourri de nombreuses musiques. Le célèbre orchestre congolais du Grand Kallé s'appelait d'ailleurs African Jazz, et il a joué un rôle majeur dans l'histoire de la rumba.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • À La Nouvelle-Orléans, une place où des esclaves se réunissaient le dimanche pour danser s'appelle Congo Square, la « place Congo ».
  • Le premier disque commercial de jazz a été enregistré en 1917 à New York, par l'Original Dixieland Jazz Band.
  • Depuis 2011, l'UNESCO célèbre chaque 30 avril la Journée internationale du jazz.

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