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Le christianisme

La tradition religieuse la plus nombreuse au monde, née dans une province de l'Empire romain, et dont la majorité des fidèles vit aujourd'hui dans l'hémisphère sud.

13-18 ans

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Ce que les fidèles tiennent pour vrai

Les chrétiens croient en un Dieu unique et tiennent Jésus de Nazareth, qu'ils appellent le Christ, pour le Fils de Dieu venu parmi les humains.

Ils croient qu'il a été crucifié sous l'autorité romaine, qu'il est ressuscité, et que cette résurrection ouvre la possibilité d'un salut. La plupart des courants professent la Trinité : un seul Dieu en trois personnes, Père, Fils, Esprit, formule adoptée par des conciles des IVe et Ve siècles après de longs débats.

L'existence historique de Jésus, prédicateur juif de Galilée exécuté vers l'an 30 de notre ère, est admise par la quasi-totalité des historiens. Ce qui relève de la foi, et que l'histoire ne tranche pas, c'est son statut.

Les textes

La Bible chrétienne comporte deux parties. L'Ancien Testament reprend largement la Bible hébraïque. Le Nouveau Testament contient quatre évangiles, attribués à Matthieu, Marc, Luc et Jean, les Actes des Apôtres, des lettres et l'Apocalypse.

Les évangiles ont été écrits en grec, plusieurs décennies après les événements qu'ils rapportent, à partir de traditions orales. Les quatre récits diffèrent sur des points notables, ce que les spécialistes étudient depuis des siècles.

La page du monogramme du Christ dans le Livre de Kells, un évangéliaire copié vers l’an 800 (Trinity College, Dublin).Auteur inconnu · Domaine public · Wikimedia Commons

Ce que les fidèles font

  • Le baptême, rite d'entrée, par eau.
  • La messe ou le culte, le dimanche le plus souvent, avec lecture des textes, prédication, chants et prières.
  • L'eucharistie ou Cène : pain et vin, dont la signification exacte est l'un des principaux désaccords entre confessions.
  • La prière, personnelle ou collective, dont le Notre Père.
  • Les fêtes : Noël, Pâques, la plus importante théologiquement, l'Ascension, la Pentecôte. Le carême, période de privation avant Pâques.

Trois grandes branches

Le christianisme s'est divisé au fil de conflits doctrinaux et politiques.

Les Églises orthodoxes, après la rupture progressive avec Rome, culminant en 1054. Fortes en Grèce, en Russie, en Europe de l'Est, en Éthiopie et en Érythrée sous des formes anciennes et distinctes.

L'Église catholique, la plus nombreuse, organisée autour de l'évêque de Rome, le pape.

Les Églises protestantes, issues de la Réforme du XVIe siècle, qui refusent l'autorité du pape et donnent la primauté à la Bible. Elles sont extrêmement diverses : luthériennes, réformées, anglicanes, baptistes, méthodistes, et une multitude d'Églises évangéliques et pentecôtistes fondées plus récemment.

Un déplacement massif du centre de gravité

Voici le fait le plus important pour comprendre le christianisme contemporain, et le plus souvent absent des manuels européens : la majorité des chrétiens ne vit plus en Europe.

L'Afrique subsaharienne et l'Amérique latine comptent aujourd'hui les plus grandes populations chrétiennes du monde. Les Églises pentecôtistes et les Églises indépendantes d'initiative africaine, comme le kimbanguisme né au Congo au début du XXe siècle, rassemblent des dizaines de millions de fidèles et créent leurs propres formes de culte, de musique et d'organisation.

Autrement dit, le christianisme n'est pas une religion européenne qui se serait exportée : c'est une religion née au Proche-Orient, diffusée dans toutes les directions, et dont les foyers les plus vivants sont aujourd'hui au sud.

Ce que l'histoire retient, en bien comme en mal

Une description honnête ne trie pas.

Des institutions chrétiennes ont créé des universités, conservé des manuscrits, fondé des hôpitaux et des écoles, et des militants chrétiens ont joué un rôle dans l'abolition de l'esclavage et dans des mouvements pour les droits civiques.

Des institutions chrétiennes ont aussi mené des croisades, conduit des inquisitions, accompagné et légitimé des conquêtes coloniales, et pratiqué l'évangélisation forcée. Des théologiens ont justifié l'esclavage avec les mêmes textes dont d'autres tiraient sa condamnation.

Les deux séries de faits sont documentées. Les mettre côte à côte n'est pas un procès : c'est ce que fait un historien.

Un mot sur la datation

La numérotation des années utilisée dans la plupart des pays est comptée à partir d'une date supposée de la naissance de Jésus, fixée au VIe siècle et probablement inexacte de quelques années.

C'est pourquoi les textes scientifiques écrivent souvent « de notre ère » et « avant notre ère » plutôt que « après » et « avant Jésus-Christ » : la même échelle, sans supposer une croyance.

Le savais-tu ?

  • L'existence historique de Jésus, prédicateur juif de Galilée exécuté vers l'an 30, est admise par la quasi-totalité des historiens ; c'est son statut qui relève de la foi.
  • Le kimbanguisme, Église née au Congo au début du XXe siècle, rassemble des millions de fidèles : les Églises d'initiative africaine créent leurs propres formes de culte.
  • La numérotation de nos années a été fixée au VIe siècle et se trompe probablement de quelques années sur la naissance qu'elle voulait marquer.

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