Un homme, un constat
La tradition rapporte qu'un prince du nord de l'Inde, Siddhartha Gautama, quitte son palais après avoir découvert la vieillesse, la maladie et la mort. Il cherche pendant des années, essaie l'ascétisme extrême, l'abandonne, et parvient à une compréhension qu'on appelle l'éveil. Il devient alors le Bouddha, mot qui signifie « l'éveillé ».
Les historiens situent sa vie entre le VIe et le IVe siècle avant notre ère. Comme pour beaucoup de figures anciennes, les détails biographiques sont tardifs ; l'existence du personnage est admise.
Les quatre vérités
L'enseignement de base tient en quatre propositions, formulées comme un diagnostic médical.
- Il y a de la souffrance, le mot traduit couvre aussi l'insatisfaction, le fait que rien ne dure.
- Elle a une cause : le désir, l'attachement, l'ignorance de la nature des choses.
- Elle peut cesser.
- Il existe un chemin pour cela.
Ce chemin comporte des éléments de conduite, parole juste, action juste, moyens d'existence justes, et des éléments d'entraînement de l'esprit, dont la méditation.
Ce qui surprend souvent
Dans la plupart de ses formes, le bouddhisme ne place pas au centre un dieu créateur, et ne demande pas d'y croire. Certaines traditions comportent des divinités et des êtres célestes, mais ils ne jouent pas le rôle d'un créateur tout-puissant.
C'est pourquoi la discussion pour savoir s'il s'agit d'une religion ou d'une philosophie revient sans arrêt. La réponse honnête est que la question suppose une frontière nette qui n'existe pas partout.
Autre point souvent mal compris : le bouddhisme soutient qu'il n'existe pas de moi permanent. Ce que nous appelons « moi » est un ensemble de processus en changement continu. L'attachement à ce moi imaginé stable est l'une des sources de la souffrance.
Trois grands ensembles
Le Theravada, présent au Sri Lanka, en Thaïlande, en Birmanie, au Cambodge, au Laos. Il met l'accent sur les textes anciens en pali et sur la discipline monastique.
Le Mahayana, en Chine, en Corée, au Japon, au Vietnam. Il valorise la figure du bodhisattva, celui qui renonce à sa libération immédiate pour aider tous les êtres. Le zen japonais et le chan chinois en font partie.
Le Vajrayana, au Tibet, en Mongolie, dans l'Himalaya. Il ajoute des pratiques rituelles élaborées et un rapport particulier au maître.
Ce que les fidèles font
- Méditer : assis, en marchant, sur la respiration, sur l'attention, selon des méthodes très codifiées.
- Faire des offrandes devant des statues ou des reliques : fleurs, encens, lumière, nourriture.
- Soutenir les moines, qui vivent souvent des dons des laïcs et ne possèdent presque rien. Dans plusieurs pays, un séjour temporaire au monastère fait partie du parcours ordinaire d'un jeune.
- Respecter cinq préceptes : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, s'abstenir de conduites sexuelles nuisibles, éviter les substances qui troublent l'esprit.
- Célébrer la naissance, l'éveil et la mort du Bouddha, à des dates qui varient selon les pays.
Une diffusion sans conquête
Le bouddhisme s'est répandu sur presque toute l'Asie principalement par les routes commerciales, les missions de moines et le soutien de souverains, dont l'empereur indien Ashoka, au IIIe siècle avant notre ère, dont les inscriptions gravées sur pierre sont encore lisibles.
Fait notable : il a presque disparu de l'Inde, son pays d'origine, avant d'y revenir en partie au XXe siècle, notamment par la conversion de communautés autrefois considérées comme intouchables, à l'appel du juriste B. R. Ambedkar, principal rédacteur de la Constitution indienne.
Ce que le monde en a retenu, parfois de travers
La méditation dite de pleine conscience, largement diffusée dans les entreprises et les hôpitaux, est dérivée de techniques bouddhistes dont elle a retiré le cadre religieux. Les effets de certaines de ces pratiques sur le stress font l'objet d'études scientifiques.
Il faut par ailleurs écarter une image trop lisse : des États bouddhistes ont mené des guerres, et des moines ont soutenu des violences contre des minorités, notamment en Birmanie. Aucune tradition religieuse n'est immunisée contre l'usage politique de sa propre autorité, le constater n'est pas une attaque, c'est la même règle appliquée à tous.
Le savais-tu ?
- Dans la plupart de ses formes, le bouddhisme ne demande pas de croire en un dieu créateur, d'où le débat sans fin pour savoir s'il s'agit d'une religion ou d'une philosophie.
- Le bouddhisme a presque disparu de l'Inde, son pays d'origine, avant d'y revenir en partie au XXe siècle.
- Les inscriptions gravées sur pierre par l'empereur Ashoka, au IIIe siècle avant notre ère, sont encore lisibles aujourd'hui.
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