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Le 30 juin 1960 : l’indépendance

En quelques mois seulement, le Congo passe du statut de colonie à celui d'État souverain. Le jour de la cérémonie, un discours non prévu change le ton de la journée.

13-18 ans

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Une indépendance rapide

En janvier 1959, des émeutes éclatent à Léopoldville, l'actuelle Kinshasa. La Belgique, qui envisageait une indépendance lointaine, change brutalement de position.

Une table ronde réunit à Bruxelles, début 1960, les autorités belges et les leaders congolais. La date est fixée : 30 juin 1960. Moins de dix-huit mois séparent les émeutes de l'indépendance.

Le jour même

La cérémonie a lieu au palais de la Nation. Le roi Baudouin prononce un discours où il évoque l'œuvre de Léopold II en termes élogieux. Le président Joseph Kasa-Vubu répond par un texte protocolaire.

Puis Patrice Lumumba, Premier ministre, prend la parole, alors que rien ne l'y avait invité dans le protocole.

Son discours décrit sans détour ce qu'a été la colonisation : le travail forcé, les humiliations quotidiennes, les logements, les coups, les terres prises. Il s'adresse aux Congolais, et non aux invités.

Ce discours est resté comme l'un des textes fondateurs de l'histoire politique africaine. Il a aussi immédiatement tendu les relations avec la Belgique.

Le président Joseph Kasa-Vubu prononce son discours lors de la cérémonie de l’indépendance, à Léopoldville, le 30 juin 1960.Congopresse (1960) · Domaine public · Wikimedia Commons

La crise, tout de suite

L'indépendance est suivie en quelques jours d'une série de crises :

  • Mutinerie de la Force publique, dont les officiers étaient restés belges.
  • Sécession du Katanga, la province la plus riche en minerais, soutenue par des intérêts miniers et des militaires étrangers.
  • Sécession du Sud-Kasaï.
  • Intervention militaire belge, puis déploiement de l'ONU.

Le pays le plus riche en ressources du continent entre dans une crise dont il mettra des décennies à sortir.

L'assassinat de Lumumba

Écarté du pouvoir, arrêté, transféré au Katanga, Patrice Lumumba est assassiné le 17 janvier 1961, avec deux de ses compagnons.

Une commission parlementaire belge a conclu en 2001 à une responsabilité morale de la Belgique dans les circonstances de cette mort. Le gouvernement belge a présenté des excuses en 2002. En juin 2022, lors de la restitution d'une dent de Lumumba à sa famille, le Premier ministre Alexander De Croo a de nouveau reconnu cette responsabilité morale et renouvelé les excuses de la Belgique. Des archives américaines ont révélé des projets d'élimination. Le sujet reste étudié par les historiens.

Ce qu'on en retient

Une indépendance obtenue vite, sans cadres formés en nombre, dans un pays immense et riche que beaucoup d'intérêts extérieurs convoitaient. Comprendre ce point de départ aide à comprendre les décennies suivantes.

Le savais-tu ?

  • Le discours de Lumumba n'était pas prévu au programme officiel de la cérémonie.
  • Moins de dix-huit mois séparent les émeutes de janvier 1959 de l'indépendance du 30 juin 1960.
  • La dépouille de Lumumba n'a jamais été retrouvée ; seule une dent a été restituée à sa famille en 2022.

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